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2 août 1944, Tessy libéré !A+ A- A  Imprimer cet article

Été 1944. Les allemands occupent Tessy depuis quatre ans maintenant. Depuis le 17 juin 1940 pour être précis. Le D-day est passé mais ne symbolise pas encore la Libération. Loin de là même. Le Jour le plus long qu’est le 6 juin 1944 a permis aux troupes alliées de s’installer sur les côtes normandes mais la percée au travers des lignes allemandes est plus difficile que prévue. La faute en partie au bocage normand. Marécages, haies, chemins creux,… rien ne facilite l’avancée des blindés alliés et tout est favorable aux actions défensives menées par la Wehrmacht. Nous sommes en pleine guerre d’usure et chaque kilomètre de terrain repris à l’ennemi coûte de trop nombreuses vies. Lors de l’avancée de La Haye de Puits vers Lessay, soit un peu plus de 8km, les troupes américaines perdaient près de 1.000 hommes par kilomètre repris… Les soldats sont fatigués et le moral n’est pas au beau fixe, tout comme le temps d’ailleurs, ce qui n’arrange rien. Il faut agir au plus vite ou l’issue de la Guerre sera fortement compromis, les Alliés s’affaiblissant jours après jours.
Le Salut viendra du Sergent Curtis G. Culin. Fatigué de cette Batailles des Haies, il chercha un moyen de faciliter l’avancée américaine et son idée sera aussi simple que géniale : éviter de se faire piéger dans les chemins creux entre deux haies en détruisant ces haies en même temps que l’on avance. Pour cela, il suffit juste de mettre des sortes de cisailles géantes emportant tout sur leur passage à l’avant des chars. Trop simple pour y avoir penser avant ? Peut-être. Cependant, bien que l’idée fit son chemin assez vite dans la hiérarchie militaire jusqu’à en arriver aux plus hautes instances qui ordonnèrent l’installation de ce dispositif sur tous les chars, un problème subsistait : où trouver l’acier nécessaire à la création de ces béliers ? Cela aurait mis trop de temps de l’importer de l’étranger. Mais l’Histoire a plus d’un tour dans son sac, et ce sont allemands eux-même qui, sans le savoir, ont fourni aux Alliés tout le matériel qui leur permettra de prendre le dessus dans ce conflit mondial. Les américains n’ont eu qu’à se servir des tonnes d’acier abandonnées par la Wehrmacht sur les plages du débarquement. En effet, toutes ces grandes croix métalliques empêchant l’avancée des blindées sur les plages, ces hérissons tchèques de leur petit nom, serviront à la confection de ces cornes d’acier dévastatrices qui donneront le doux surnom de rhinocéros aux chars équipés de ce système hedge-cutter. Cette ingénieuse trouvaille coïncide avec le début de l’Opération Cobra et changera irrémédiablement le visage de la Guerre. Le 10 janvier 1961, Einsenhower lui-même rendra hommage au Sergent Curtis G. Culin lors d’un des ces derniers discours en tant que Président des Etats-Unis :

  • Il y avait un petit sergent. Son nom était Culin, et il avait une idée. Et cette idée était que nous pouvions accrocher des lames, des grandes et grosses lames d’acier sur le devant de ces chars, et en avançant, ils trancheraient tous ces talus au niveau du sol – ils les traverseraient à hauteur des lames – les emporteraient sur eux un petit moment comme un camouflage. Et cette idée fut portée au capitaine, au major, au colonel, et assez haut pour que quelqu’un en fasse quelque chose – et ce fut le Général Bradley – et il le fit très rapidement. Parce que cela semblait une idée folle, ils n’allèrent pas aussi vite jusqu’aux ingénieurs, car ils craignaient les conseils techniques et alors quelqu’un posa la grande question : « Où allez vous trouver l’acier pour tout cela ? » Bien, heureusement les Allemands avaient essayé de nous empêcher d’accéder aux plages avec de grands chevaux de frise en acier, de grandes croix, il y avait tout un tas de grosses barres d’acier sur les plages où les Allemands les avaient laissées. Alors il les prit, les façonna – et cela marcha bien. Le plus gros et plus joyeux groupe je suppose de toutes les armées alliées cette nuit-là étaient ceux qui savaient que ce truc fonctionnait. Et il fonctionnait magnifiquement.

Revenons au début de l’Opération Cobra. Les troupes allemandes sont fatiguées elles-aussi et les renforts se font rares. Hitler et ses troupes préfèrent défendre Caen et délaissent quelque peu le bocage manchot. Cela leur sera fatal. L’Opération peut commencer… Prévu pour le 20 juillet, elle est finalement repoussée au 24 juillet à cause du mauvais temps. Le déroulement de l’attaque est simple. L’aviation alliée pilonne un périmètre restreint afin de réduire à néant toutes oppositions allemandes et ainsi ouvrir une brèche dans leur défense. La cible se situe entre La Chapelle-en-Juger et Hébécrevon. Les premiers avions décollent puis bombardent… mais à la guerre, la moindre petite erreur peut coûter très chère. Là, c’est une erreur de communication qui fera que l’aviation alliée pilonnera les troupes … américaines ! 25 soldats tués et 131 blessés. Le 25 juillet, 9h40, les bombardiers décollent à nouveau, on a reculé les lignes alliées afin d’éviter une deuxième erreur. Cela va durer une heure. Une heure où 60.000 bombes vont être larguées sur un périmètre de 12 km². Les troupes alliées ne sont pas assez reculées. 111 victimes américaines et 490 blessés. Les chars volent en éclats, les soldats sont déchiquetés et ceux qui survivent se retrouvent soit enfouis sous les débris et la terre, soit complètement fous et désorientés. Les allemands sont anéantis ou presque. 10h40. Le ciel se vide des milliers de bombardiers alliés laissant leur place à un bocage qui a troqué sa jolie couleur verte pour un paysage lunaire fumant et désertique. Malgré l’armée ennemie anéantie, le plus grand bombardement en tapis de la Seconde Guerre Mondiale est un désastre et Eisenhower ordonna que l’on n’appuie plus jamais les offensives au sol par des bombardements lourds. Mais la brèche est ouverte et les américains s’y engouffre, les rhinocéros du Sergent Curtis G. Culin en tête. En une semaine, une percée de 60km est réalisée. Les allemands reculent encore et encore. La route vers la Bretagne est ouverte. L’Opération Cobra, malgré des débuts difficiles est un succès mais il reste encore quelques poches de résistance allemande dans la Manche, notamment le triangle formé par Moyon, Troisgots et Tessy. Pour Hitler, cette poche est primordiale pour lancer une contre-attaque, l’Opération Lüttich, et reprendre le dessus sur les Alliés. L’issue de la Bataille de la poche de Tessy-sur-Vire dictera les suites de la Guerre…
Le 27 juillet 1944, une partie des troupes américaines installées au Mesnil-Herman reçoit l’ordre d’avancer vers l’est et donc vers la Vire pour empêcher les troupes allemandes positionnées de l’autre côté (encore en nombre et assez bien organisées) de franchir la rivière. La 30th Infantry Division, emmenée par le Général Hobbs, et le ‘Groupe A‘ de la 2ème Division Blindée, dirigée par le Général Rose, prennent alors la direction de Tessy. Les troupes américaines avancent lentement et l’opposition allemande est plus coriace que prévue. Dans la nuit du 27 au 28 juillet, des renforts allemands ont traversé la Vire à Tessy. Pour le Général Rose, il est vital de récupérer Tessy au plus vite afin de bloquer le passage de la Vire pour les allemands. Du 28 juillet au 1 août, les combats font rage dans les environs de Tessy. La 30ème Division américaine se fait piéger, coincée dans le Marcran ; les allemands occupent les hauteurs de Troisgots et infligent des pertes aux Alliés. La situation est tendue et semble bloquée. Le 30 juillet, la 29th Infantry Division est appelée en renfort et se poste à Villebaudon. De nouveaux renforts allemands arrivent, toujours par Tessy, et se positionnent sur le front Troisgots-Moyon ainsi que sur les hauteurs de Beaucoudray. Les chars alliés et ennemis ne sont qu’à quelques centaines de mètres les uns des autres. L’objectif de récupérer Tessy est finalement délaissé et on change de stratégie : direction Percy puis Vire. Mais le Général Rose reste convaincu que la prise de notre commune est vitale pour la suite de la Guerre et insiste pour maintenir cet objectif. Le 30 juillet au soir, Moyon est récupéré. Grâce au courage du Lieutenant Harry-F. Hansen et deux de ses fantassins qui explosèrent deux chars allemands et firent prendre la fuite à un troisième, Troisgots connaîtra la Libération le lendemain, toujours dans la soirée. En même temps, les villes de Granville et d’Avranches sont elles-aussi libérées et les allemands, face à cet encerclement et sous les ordres du Général Von Kluge, décident de battre en retraite. La voie semble dégagée et au matin du 1 août, une compagnie du 120ème Régiment d’Infanterie part de Troisgots en direction de Tessy. Avançant prudemment à travers champs puis le long de la Vire, elle ne rencontre aucune résistance et arrive à Tessy dans l’après-midi, persuadée que le ‘Groupe A‘ de la 2ème Division Blindée est déjà passé par là et a nettoyé le secteur… Mais ils sont les premiers américains à entrer dans Tessy et se retrouvent à découvert sous le feu des soldats allemands restés pour défendre le pont sur la route de Torigni. Ils sont obligés de se replier tant bien que mal dans les ruines, les caves ou les champs qui s’étendaient vers la gare. Le ‘Groupe A‘ n’arrive à Tessy que dans la soirée et libère ainsi les hommes de la compagnie du 120ème Régiment d’Infanterie. Les allemands désertent Tessy pendant la nuit du 1er au 2 août sans oublier de faire sauter le pont de la Vire. L’artillerie allemande encore installée sur les hauteurs de l’autre côté du pont continue à envoyer quelques obus sur les troupes américaines mais dans la matinée du 2 août, les fantassins américains, aidés des tankistes, vont finir de ‘nettoyer’ complètement le secteur. Tessy est libéré !

Passez votre souris sur le haut de la photo pour faire défiler le diaporama…

  • Le 3 août 1944, après avoir libéré Tessy, les soldats américains du 120ème Régiment de la 30ème Division d'Infanterie se reposent dans la cave d'une maison abandonnée au milieu des tonneaux avant de poursuivre leur avancé sur le territoire occupé par les allemands. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 794)
  • Le 3 août 1944, deux chars américains sont postés au carrefour des routes de Saint-Lô et de Torigni. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 795)
  • Le 3 août 1944, un soldat américain de la 35th div. inspecte l'épave d'une chenillette et du canon Pak 40 qu'elle tractait. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 824)
  • Le 3 août 1944, des soldats américains patrouille devant l'épave d'un blindé allemand. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 825)
  • Le 3 août 1944, deux soldats américains regardent les restes du pont de Tessy détruit par l'armée allemande lors de sa retraite. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 826)
  • Commentaire à l'arrière de la photo précédente.
  • Le 7 août 1944, le corporal Anthony Leanza, le corporal Horace Abrama et le private Steve Plavi aident une femme âgée à s'installer à l'arrière d'un camion qui va la ramener chez elle, près de Tessy-sur-Vire. (Conseil général de la Manche, arch. dép., 13 Num 855)
  • Le Général Maurice Rose qui a insisté pour libérer au plus vite Tessy.
  • Le Sergent Curtis G. Culin, l'inventeur des Rhinos.
  • Rien ne résiste aux rhinos.
  • Le système hedge-cutter.
  • Vue aérienne de Tessy où l'on voit le pont sur le route de Torigni, point stratégique et objet de toutes les convoitises lors de la Bataille de la poche de Tessy-sur-Vire
  • L'Ancien Pont, après la 2nde Guerre Mondiale, Tessy-sur-Vire
  • Tessy après les bombardements de 1944.
  • Tessy après les bombardements de 1944.
  • Tessy après les bombardements de 1944.
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